Chorus 14 fête ses trente ans avec Berlioz

AVT2_Berlioz_3164« Quelle vie, riche, fine, forte, débordante » Romain Rolland

Hector Berlioz (11 décembre 1803- 8 mars 1869) nait à la Côte Saint André, en Isère. Issu d’une vieille famille de marchands tanneurs. Ainé de six enfants, il restera très proche de ses deux sœurs Nanci et Adèle. Son père, médecin novateur, fit connaître l’acupuncture en France.

Hector BERLIOZ, esprit  romantique et absolu, a tout du parfait personnage de roman d’aventure !

« Tu seras médecin comme ton père », avait dit sa mère. Pourtant le jeune Berlioz découvre la musique, d’abord en jouant du tambour en pension,  avec beaucoup de plaisir. Puis un jour, en fouillant dans un tiroir, il trouve un flageolet. Son père va lui apprendre à en jouer ainsi que de la flûte et de la guitare. Il lui enseignera aussi des rudiments de solfège. Mais Berlioz n’aura pas accès au piano pour ne pas risquer d’être détourné de l’objectif que ses parents lui ont fixé.

Premier coup de foudre. A 12 ans, le jeune Berlioz « ressent une secousse électrique ». Il est amoureux, mais sans espoir,  car la jeune fille, Estelle Duboeuf, a 17 ans. Il ne l’oubliera pas et cherchera même à la revoir à la fin de sa vie. Pour elle,  il va composer des romances et 2 quintettes après avoir découvert les traités d’harmonie de Rameau et Cotel. « Les essais de composition de mon adolescence portaient l’empreinte d’une mélancolie profonde. Un crêpe noir recouvrait mes pensées. »

Après le bac, Hector Berlioz part étudier la médecine à Paris. Le 26 novembre 1821, il assiste à l’Opéra à la représentation d’ « Iphigénie en Tauride » de Gluck. « A moins de m’évanouir, je ne pouvais pas éprouver une impression plus grande. Je jurai en sortant de l’Opéra que je serais musicien ».

Berlioz abandonne la médecine et s’installe au Quartier Latin. Il publie son premier article de journaliste et critique musical le 12 août 1823 dans  « le Corsaire ». Le 10 juillet 1825, il fait exécuter sa Messe Solennelle et en 1830, il remportera le Prix de Rome. Il va vivre  des chocs artistiques successifs…

Après avoir découvert Weber et le romantisme allemand à l’Odéon le 7 décembre 1824, c’est Shakespeare, toujours à l’Odéon, le 11 septembre 1827, « qui en tombant sur moi à l’improviste me foudroya ». Au cours de la représentation d’Hamlet par une troupe anglaise, il tombe amoureux de la jeune actrice irlandaise, Harriet Smithson qui joue Ophélie. « Les coups de tonnerre se succèdent ». En 1828, ce sera le bouleversement des symphonies de Beethoven. « Je vis se lever l’immense Beethoven, le roi des rois. »

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« Laquelle des deux puissances peut élever l’homme aux plus sublimes hauteurs, l’amour ou la musique ? L’amour  ne peut pas donner une idée de la musique, la musique peut en donner une de l’amour. Pourquoi séparer l’un de l’autre ? Ce sont les deux ailes de l’âme. »   Ces mots, Berlioz en a témoigné tout au long de sa vie.

 

 

 

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L’Enfance  du Christ et la Damnation de Faust seront au programme pour fêter avec l’année Berlioz  en 2019, ce double anniversaire.

Hector Berlioz (1803-1869) musicien romantique par excellence.

Son œuvre et sa vie passionnée ont été intimement liés. Compositeur, chef  d’orchestre, critique musical et homme de lettres, Berlioz fut tout cela à la fois.

Incompris de son vivant, il reste un génie original, maître de l’orchestre et créateur révolutionnaire. Il inventa le genre de la « légende dramatique » avec « L’Enfance du Christ » et « La Damnation de Faust », à mi-chemin entre oratorio, symphonie et opéra.

L’Enfance du Christ, « trilogie sacrée pour solistes, chœur, orchestre et orgue »

Berlioz composa d’abord le chœur de « l’Adieu des bergers à la Sainte Famille » en 1850, au cours d’un dîner entre amis et le présenta sous un pseudonyme. L’accueil du public l’ encouragea à y adjoindre une première partie : « le Songe d’Hérode », qui sera suivie de « La Fuite en Egypte ( avec l’Adieu des bergers) »

Cet oratorio dont les paroles sont aussi de Berlioz fut donné le 10 décembre 1854 sous sa direction et remporta un grand succès. Berlioz y rend hommage aux compositeurs   du XVIIe siècle (Glück en particulier) et retrouve l’esprit des noëls de son enfance. Dans une musique « naïve et douce », selon ses propres termes, il y déroule l’histoire de la Sainte Famille, tel un Mystère médiéval, en plusieurs tableaux.

 

La Damnation de Faust,« Légende dramatique en quatre parties »,  pour solistes, chœurs et orchestre.

Elle s’inspire du mythe fameux de Faust. Alchimiste qui rêvait de posséder la connaissance universelle,  il va conclure un pacte avec le diable  (Méphistophélès).  En échange de son âme, Faust se voit offrir la jeunesse et une vie de plaisirs.

Berlioz découvre l’œuvre de Goethe grâce à la traduction de Gérard de Nerval et l’adapte avec Almire Gandonnière. Les « Huit scènes de Faust » (1828) deviendront « La Damnation de Faust » en 1845,  créée à l’Opéra-Comique de Paris le 6 décembre 1846. Initialement destinée au concert, la partition ne fut adaptée pour la scène qu’après la mort de Berlioz.

Trop novatrice, cette œuvre fut incomprise du vivant de Berlioz, en particulier en France. Pourtant c’est bien un chef-d’œuvre  de l’art dramatique  romantique. D’un lyrisme désespéré, il reste  profondément original  par la  puissance  de son orchestration,  la richesse de l’instrumentation et la part très importante accordée aux  nombreux chœurs, tour à tour burlesques et tragiques.